9. MÖBIUS
/Au sommet de leur art les acrobates aspirent au grand envol : se défaire de toute gravité et, comme ces nuées d’étourneaux au vol à la fois spontané et coordonné, entrer dans un ballet aérien si bien réglé et si dense qu’il en éclipse un instant le soleil.
Composant et décomposant des figures en métamorphose incessante, Möbius tisse un monde flottant où chaque émergence individuelle retourne au flux d’une danse continue, chaque membre du groupe réagissant de façon simultanée comme s’ils ne formaient qu’un seul être : un être vaste et libre comme la vie même. Les corps paraissent pris dans un jeu de dominos géant. La précision des figures acrobatiques est ici une obligation, même si elle n’entrave jamais la poésie du résultat. On pense au ruban de Möbius, belle métaphore pour un spectacle où le mouvement est « en perpétuelle invention ». Dans cette aventure, les 19 circassiens du plus haut niveau sont accompagnés par le chorégraphe de talent Rachid Ouramdane qui apporte sa touche ciselée, avec, notamment, un bouleversant hommage au fameux « saut dans le vide » du peintre Yves Klein. Möbius est à leur image, infiniment beau.
Read More